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Sélection de livres

Rentrée littéraire : nos coups de coeur

Rentrée littéraire : nos coups de coeur

Rentrée littéraire : les incontournables

Rentrée littéraire : c'est parti !

Rentrée littéraire : les incontournables en poche

Découvrez les nouveautés poche de cette rentrée !

Actualité

Dossiers

Tout Rabelais

Après "Les Essais" de Montaigne en 2019, les éditions Bouquins et les éditions Mollat publient en un volume l’ensemble de l'œuvre d’un autre géant de la Renaissance, François Rabelais. 

Rentrée littéraire 2022 : nos choix

C'est le grand rendez-vous littéraire de l'année ! Retrouvez notre sélection, actualisée tout au long de l'automne.

La rentrée littéraire 2022, c'est aussi en poche !

Retrouvez une sélection des sorties poche à ne pas manquer en cette nouvelle rentrée littéraire !

Suites : la collection poche des éditions Métailié

La meilleure façon de s'évader, c'est de partir en Suites !

Coups de cœur

Les désirs flous - dola de jong

"Je ressentais un étonnement mêlé d'angoisse, car même en cet instant, mes sentiments me poussaient vers elle, je ressentais son humiliation et, la voyant prise d'un désespoir impuissant, pleurant en lançant des coups de pied dans une chaise, j'aurais voulu poser ma main sur son crâne de garçon."
Amsterdam, 1938. Bea a besoin d'une colocataire pour l'aider à payer son loyer : ce sera Erica, la fougueuse, curieuse, impétueuse Erica. Bea, plutôt calme et rangée, est fascinée par la personnalité de sa colocataire, tantôt solaire tantôt tempétueuse. Elle peut disparaître des jours durant et revenir sans explication, l'œil triste et les cheveux en désordre. Le temps passe, et Bea va devoir réaliser que ses sentiments envers Erica sont bien plus forts que ce que la bienséance autorise. Mais l'avancée des troupes allemandes bouleverse ce déjà fragile équilibre. 
Un roman d'une grande pudeur et d'une grande tension, qui explore toutes les facettes de nos frustrations et jette ses deux personnages dans le feu de l'Histoire : le temps passe trop vite pour ne pas oser. 

Que reviennent ceux qui sont loin

"Ici, combien d'enfants avaient dormi qui étaient devenus grands ?"
Après dix années d'absence, le narrateur de ce roman revient passer le mois d'août dans la demeure familiale. Située en Bretagne, dans la magnifique région des Abers, "la grande maison" est l'image même de la maison de vacances, que l'on ouvre avec les beaux jours pour la quitter dès les premiers frimas. Maison dont les murs voient passer chaque été un défilé d'oncles et de tantes, de cousin-e-s, d'ami-e-s de la famille, et dont les objets, inchangés depuis des générations, sont aussi impersonnels que familiers. Le narrateur, jeune trentenaire, y a passé toutes ses grandes vacances d'enfant, journées de liberté et d'aventures entre la plage et le jardin, entouré d'une bande de petits du même âge. Puis les étés d'adolescent, avec les soirées au Café du Port, à toiser les locaux et les touristes, et à attendre le point culminant des vacances : la soirée du 15 août et son bal. Puis à ses vingt ans, blasé peut-être de ce devoir familial, il a passé ses étés ailleurs, à travers le monde. A son retour dans la grande maison, dix ans plus tard, rien n'a changé mais tout est différent, les enfants qu'il a côtoyés ne le sont plus, de nouveaux sont apparus qu'il ne connaît pas. Mais il y a toujours ses oncles et tantes, grands-oncles et grandes-tantes, qu'il apprécie de retrouver à leur place habituelle, la grand-mère, presque centenaire, pilier de la maison, et Anne aussi, cette amie d'enfance qui a bien grandi. 
Le mois d'août que raconte Pierre Adrian est baigné par l'inégalable lumière de fin d'été bretonne, qui génère un sentiment très vif de l'instant et, avec lui, celui presque douloureux de la mélancolie. Mélancolie face à ces lieux, ces visages, ces moments aussi, qu'on espère retrouver chaque été inchangés mais que l'on sait voués à disparaître et qui déjà ne sont plus ceux de notre enfance.
Roman de ce qui nous lie, du temps infini des étés d'enfance et de ce qu'on en garde, (de la prise de conscience) du passage à l'âge adulte. Roman du mois d'août, de ses journées qui se languissent tout en laissant déjà pressentir la fin.
C'est très juste, très beau, il est tout à fait possible que vous y laissiez quelques larmes.

On était des loups

Le nouveau roman tant attendu de la "magicienne" Sandrine Collette !
Tout commence et se referme dans la nuit : Liam, le père, observe son fils, six ans à peine, en train de dormir. Entre le début et la fin du roman, le lien entre ces deux êtres s’est considérablement transformé, les laissant définitivement marqués par cette vie “immense et brutale” qui s’est abattue sur eux.
Liam et sa compagne Ava avaient choisi une vie en autarcie dans les montagnes, seuls au monde. Ava souhaitait un enfant, et malgré les réticences initiales de son compagnon, est né Aru. D’abord peu enclin à élever un gosse loin de toute civilisation, Liam laisse à Ava le soin de s’en occuper le temps d’aller chasser et vendre quelques peaux. A chaque retour de ses longues escapades, Aru attend avec impatience son père ému par cet accueil joyeux mais qui ne parvient pas en retour à lui témoigner une grande tendresse. Enfant maltraité par son propre géniteur, Liam n’a surtout pas les mots pour parler de ses émotions, quelles qu’elles soient. Quand il retrouve Ava morte pour avoir sauvé leur fils de l’attaque d’un ours, c’est tout l’univers de Liam et d’Aru qui bascule dans la détresse et l’inconnu. Que faire de ce môme inutile, qui écoute tout, ne sait rien, et demande l’impossible ? Peut-on apprendre à être père ? 

Sandrine Collette est une de ces autrices qui semble écrire le même livre, et pourtant toujours nous surprend, suscitant à chacune de ses parutions une envie de découvrir une nouvelle histoire incroyable dont elle a le secret, qui nous emporte loin, ailleurs, et au plus profond de nous. Elle a un précieux talent de conteuse, à mille lieues de l’autofiction, et une plume taillée pour être lue à voix haute, tant ses mots sonnent juste, les scènes sont saisissantes, et ses personnages si proches.

En donnant tout au long de son roman la parole à ce père taiseux, imaginant sa peine et ses luttes, elle nous laisse le soin d’accompagner ce duo à la fois ordinaire et extraordinaire. On ne lâche pas Liam et Aru, tremblant à leurs côtés dans ce monde hostile dans lequel les “loups” rôdent, attaquent, ou chantent parfois avec les hommes.

La voie royale, ou rien !

Drôle, plein d'esprit, absurde, un très grand plaisir de lecture !
Elle s'appelle Vanessa. Ou bien Marie-Laure ? Ça dépend. Son projet ? La voie royale, à savoir ne rien faire, dans le plus grand des confort. Quitte à s'ennuyer un peu, mais toujours luxueusement. Et pour ça elle avait trouvé la disposition parfaite : un concubinage sympathique avec Marc-Ange, son ancien professeur de sociologie, intellectuel et écrivain nageant dans le confort justement. Si on oublie ses enfants, mais c'est un détail.
Mais voilà, Marc-Ange a d'autres projets pour Vanessa, à savoir : travailler. 
Avancer est le tout premier roman de Maria Pourchet, paru initialement en 2012. On y retrouve (ou découvre) la plume vive, acérée et si drôle de l'autrice qui marquera ses œuvres.
Plein d'esprit, cynique à souhait, d'une drôlerie sans fin, ce texte est un régal qui nous emmène à vive allure dans le quotidien d'une héroïne aussi agaçante qu'attachante. 
Un très grand coup de cœur !

Claire Baglin - En salle

"Équipier polyvalent" ou la nouvelle précarité : un premier roman mature, précis et intime.
Dans une première scène qui marque, la narratrice, enfant, est à l'arrière de la voiture familiale avec son frère. Cette voiture se rend au lieu magique dont l'odeur a rendu accro toute une génération : le fast-food. Dans sa famille, on ne roule pas sur l'or. Le père, ouvrier, aime son métier sans accepter qu'il est en train de l'abîmer. On part en vacances en voiture, pour aller au camping. Alors aller au fast-food, c'est un événement exceptionnel mais déroutant. Des années plus tard, la narratrice, pour financer ses études, ira travailler dans cette même chaîne de restaurants. Le drive, sous la pression du casque, le poste aux frites, plutôt convoité, mais le pire de tout : le poste en salle, craint par tous les employés, tant on peut s'y ennuyer ou à l'inverse se faire rouler dessus. La mécanique de ce travail s'impose alors comme une répétition des gestes de son père à l'usine. L'aliénation existe toujours; elle s'est juste déplacée. 

Ce premier roman frappe par sa maturité, sa précision. On sent dans la langue de Claire Baglin toute une colère intérieure mais qui n'explose jamais. Non dénués d'une certaine ironie qui sert un rythme soutenu, les dialogues sont frappants de réalisme. La naissance d'une nouvelle plume qu'il faut suivre de près.

Les marins ne savent pas nager, Dominique Scali

"Ils combattaient l'instabilité de l'existence par le refus de la terre ferme, se cloîtraient à bord pour éviter l'ivresse des possibilités, élisaient l'immensité du large pour fuir l'étroitesse du bercail, chassaient le vide du retour par l'excitation de la partance, le mal de vivre par le mal d...
Si vous avez connu la mélancolie d'époques non vécues et celle des rivages jamais foulés de pays imaginaires, si vous vous êtes rêvé marin, corsaire, voyageuse au long cours, ou pilleuse d'épaves, si vous attendez depuis longtemps un roman dont on voudrait qu'il ne finisse pas et dont la lecture occupe vos pensées bien après l'avoir terminée, alors ne passez pas à côté de ce livre merveilleux.

L'autrice québécoise Dominique Scali nous embarque dans un XVIIIe siècle alternatif, sur l'île d'Ys, qui serait située entre l'Europe et les Etats-Unis. Île de marins, biberonnés aux embruns, endurcis au rythme des marées, vivant au gré des naufrages et de leurs cargaisons qui s'échouent sur les rives. Île où les habitants sont séparés en deux, d'une part les citadins installés confortablement entre les murs de la Cité, à l'abri des terribles marées d'Equinoxe, d'autre part, le peuple des riverains, qui vit sur les plages : pêcheurs, saleuses, sacripants ... Ces derniers ne rêvent que d'une chose : faire partie des rares élus à rejoindre chaque année la Cité à l'occasion de la Rotation. Tous ces îliens sont des Issois par leur patrie, mais pas seulement : "est « issois» ce qui est obstiné, audacieux et revanchard".
L'héroïne de ce roman, Danaé Poussin, est une sacrée issoise. Qualité rare parmi ses pairs : elle sait nager, ce qui la différencie rapidement des autres femmes du rivage et lui permet de se rendre utile auprès des navires et de leurs équipages. Durant une quarantaine d'années, nous arpentons l'île à ses côtés, au gré de ses pérégrinations, et de ses rencontres avec des hommes hauts en couleur : duelliste, contrebandier ou encore pilote côtier. Tout Issois qu'on soit, la vie n'est pas facile à Ys, et celle de Danaé est faite d'abandons, d'amitiés trahies, d'amours déçues ... Mais quelle inoubliable héroïne !
L'écriture à nulle autre pareille de Dominique Scali fait naître de cette histoire hautement romanesque un véritable univers. Ses mots pleins de fougue et de force sont à l'image des Issois qui ploient mais ne rompent pas. Des mots nouveaux qu'on a pourtant l'impression de connaître depuis toujours, des mots rugueux mais poétiques, pour dire cette île où la mer pourvoie autant de trésors que de morts.
C'est peu dire que nous avons adoré cet ouvrage, si différent du reste de la production éditoriale actuelle, si dépaysant et inventif. Un roman d'aventures et d'évasion, à mille lieux de notre quotidien, on en rêvait !

Bérangère Cournut - Zizi cabane

Entre poésie et prose, la magie de Bérangère Cournut
Odile disparaît soudainement, elle ne revient pas à la maison. Dans cette maison, son époux Ferment et leurs trois enfants : Béguin, Chiffon et Zizi Cabane. Inquiets et tristes, il doivent faire face à un nouveau problème : depuis la disparition d'Odile, une source apparaît dans le sous sol de leur maison. Ce qui était une rigole devient un ruisseau, puis une rivière, puis un torrent ... Malgré les efforts du père pour contrer la puissance de l'eau, elle monte inexorablement. 

Les chapitres font alterner les voix des personnages, et l'on peut mesurer ce que le manque a creusé en eux. On retrouve dans les livres de Bérangère Cournut une fantaisie douce qui laisse la part belle aux paysages, qui considère autant la nature extérieure que l'intime intérieur. Ce conte magique n'est pas tragique : la sérénité vous emplit à mesure que vous tournez les pages. Bérangère Cournut est une autrice qui ne ressemble à personne, et c'est pour ça qu'elle compte autant. 


Arpenter la nuit - Leïla Mottley

Oakland, Californie : Kiara a 17 ans, une famille en perdition, une vie faîte de galères et de dettes. Son unique solution sera la prostitution qui finira par lui ouvrir définitivement les portes de l'enfer.
Kiara et son frère aîné Marcus sont livrés à eux-mêmes après la mort de leur père, et l'emprisonnement de leur mère. Marcus repousse en permanence l'idée de trouver un job qui les sortirait de ce quotidien, préférant chanter dans un micro entouré de ses amis, persuadé de devenir bientôt une grande star du rap. Il n'empêche que les factures s'empilent, que le frigo est vide et que l'expulsion n'a jamais été aussi proche. Au milieu de ce quotidien très sombre, Kia trouve du réconfort et des repas chauds auprès de son amie Alé; et de Trevor, le jeune fils de sa voisine qu'elle décide de prendre sous son aile, tentant péniblement de lui faire garder encore un peu de son innocence enfantine...
Par amour pour les siens, et une volonté féroce de s'en sortir, Kia fait alors ce sacrifice, l'espérant éphémère, de vendre son corps et d'arpenter la nuit. Peu de temps après, un soir, une voiture de police s'arrête à sa hauteur et le piège se referme sur elle.

Leila Mottley nous livre un premier roman parfois dur à lire, profondément bouleversant mais sans jamais tomber dans le misérabilisme. Elle raconte la passion et la douleur d'une génération d'adolescents afro-américains qui lutte depuis toujours pour trouver sa place et faire face aux injustices de la société américaine. S'inspirant d'un scandale qui a éclaté à San Francisco en 2015, mettant en cause des policiers soupçonnés d'exploiter sexuellement de jeunes femmes noires, la jeune autrice révèle une plume acérée, mais néanmoins teintée d'une douce poésie. Un immense coup de cœur.

Littérature

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